Les agriculteurs mayennais demandent à Courtepaille : pourquoi la viande proposée n’est pas 100% française ?

Quatre éleveurs mayennais ont répondu à l’appel de la FDSEA ce lundi 11 mars. Ils sont entrés dans deux restaurants de l’agglomération de Laval pour contrôler l’origine des viandes vendues aux clients.

Les quatre agriculteurs se préparent à rentrer dans le Courtepaille de Laval.
Les quatre agriculteurs se préparent à rentrer dans le Courtepaille de Laval. © Radio France – Valentine Letesse

Laval, France

Pourquoi chez Courtepaille, la viande n’est pas 100% française ? C’est la question posée par quatre agriculteurs au responsable du restaurant  de Laval ce lundi 11 mars. Pour défendre “l’origine France“, la FDSEA a ordonné à ses adhérents, non pas de manifester mais de faire des contrôles surprises dans des chaînes de restauration

Pourquoi en Mayenne, la viande n’est pas 100% française ?

Chez Courtepaille, les quatre éleveurs sont bien reçus. Le responsable répond à toutes leurs questions. “En 100% française, on a le steak haché, le tartare, et la pièce du boucher” commence Nicolas Dezille. Le reste, vient du Royaume-Uni, d’Irlande, d’Espagne et de Lettonie, puisque chez Courtepaille, seulement un tiers de la viande bovine est française.

Avez-vous la volonté et pouvez-vous vous approvisionner en français et en local ?

C’est la principal question des agriculteurs. Dans le restaurant à l’enseigne rouge, Nicolas Dézille répond sans détour. “Si je pouvais, je le ferais avec grand plaisir“. Mais ce n’est pas le cas. Pourtant, il commande 60 kilos de viande bovine par semaine et en Mayenne “on saurait facilement vous trouver cette viande” répond l’un des éleveurs. 

“C’est des négociations entre grands patrons. Nous, à notre niveau on n’y peut pas grand chose.” – Nicolas Dezille, responsable Courtepaille à Laval.

L’approvisionnement en viande est négocié avec un groupe pour livrer les 250 magasins Courtepaille de France. Impossible pour le responsable de se démarquer des autres restaurants

“Le problème c’est la standardisation. Une chaîne doit avoir la même qualité de produits ici, à Strasbourg et à Marseille.” – Nicolas Dezille, responsable Courtepaille à Laval.

Terre d’agriculture ou pas, dans une chaîne tout doit être identique d’un restaurant à un autre. “Il faut standardiser les pièces de bœuf, niveau qualité, grammage, etc… pour que le client ne soit pas perdu. Si tout le monde faisait ce qu’il voulait dans chaque Courtepaille, on ne serait pas une chaîne” explique le responsable. 

En attendant, la bascule vers le 100% français est en négociation entre la FDSEA et Courtepaille. Les dirigeants du groupe et du syndicat doivent bientôt se rencontrer.